le blog de depanurgisation
Pour sa naissance, biboudemars a eu pas moins de 9 doudous.
Je veux bien concevoir qu’il s’agit du nouveau cadeau « bateau », pour les proches en mal d’imagination. Il existe pourtant des tas de petits jouets d’éveil intéressants et bien faits , pour le prix d’un doudou, mais passons …
Les généreux donateurs des doudous m’ont bien recommandé de le mettre à portée de regard du bébé, pour qu’il s’y habitue et que "peut être il le choisisse ". Visiblement pour toutes ces personnes le doudou semble être l’objet indispensable au bonheur et à l’équilibre d’un bébé.
Je me suis penchée sur ce concept de doudou ,et j’ai donc appris le rôle de cet objet transitionnel, notion introduite par DW Winnicot, éminent specialiste en doudoulogie.
"Objet transitionnel qui permet de combler l'absence de la mère, il a un rôle très important de réassurance, et permet finalement au tout-petit de prendre son autonomie par rapport aux parents."
Visiblement la doudoulogie a la cote chez les spécialistes de la petite enfance, pas un site dédié n’evite le sujet. Les symptômes de la doudou-dépendance sont même clairement identifiés et doivent apparaître entre 4 mois et 1 an (neufmoisetplus.fr)
Le doudou est bien sur à différencier d’un éventuel autre jouet préféré , qui n’a pas forcement les mêmes caractéristiques de douceur ( parfois une poupée , un éléphant à roulette , une petite voiture …). Un jouet préféré n’entraine pas de dépendance.
Pour avoir été moi-même une utilisatrice de doudou , et avoir observé les jeunes doudou-dépendants de mon entourage, je constate que le doudou est utilisé que les parents soient là ou pas :
"Cet objet lui sera indispensable en cas de chagrin, de grosse fatigue ou d'événement difficile."(maisonfacile .fr)
De plus, tous les doudoulogues s’accordent à dire que la perte de l’objet est une catastrophe : "surtout éviter de le perdre"(DOCTISSIMO, Alain Sousa); "La perte du doudou est pour l'enfant un événement traumatisant qu'il ne faut pas négliger (oursementvotre.com).
Des sites commerciaux proposent de vous vendre en plusieurs exemplaire les doudous choisis par vos enfants, ou bien ceux égarés ou détruits, on propose même un tatouage de doudou (liberation.fr Article=318488) .
On voit qu’encore une fois le marketing suit de près la puériculture moderne (à moins que ce ne soit le contraire ?)
Mon sentiment est que par l’intermédiaire du doudou, on apprend aux touts petits à privilégier la possession d’un objet plutôt que la relation avec une personne humaine
Notre société matérialiste prend soin d’éduquer par ce bais les enfants à devenir des consommateurs dès le berceau.

Je sais que dans notre culture de la séparation il est bien vu pour un bébé de se débrouiller sans ses parents.
Mais quand même la notion d’autonomie appliquée à un tout-petit me laisse songeuse ...
Ce qui n’est jamais relevé dans toute cette littérature doudoutique, c’est que au nom de cette soit disant autonomie, si "nécessaire "aux parents et à leurs bébés, les 3 sont otages d’un bien de consommation, qu’il ne faut surtout pas perdre , oublier etc .. sous peine de vivre et faire vivre au petit un stress intense . En matière d’autonomie , je trouve qu’on fait mieux !!!
Ma fille n’a jamais eu de doudou, et aucun de enfants maternés que je connais n’en ont eu non plus .
Peut être que lorsque qu’on est élevé dans l’amour, que tous ses besoins affectifs sont comblés par les calins, l’allaitement, le portage , le cododo, ou tout simplement l’amour constant et attentif de ses parents, peut être n’a-t-on pas besoin d’un doudou ?
En tous cas rassurez vous , si votre enfant n’est pas doudouté , il n’est pas anormal pour autant : « Si le rôle du doudou est bien connu, le fait que la moitié des enfants n’en aient pas besoin reste encore un mystère. (Mr Alain Souza . Doctissimo )
Ouf , on a failli avoir peur !!!