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le blog de depanurgisation

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La naissance d’Achille vue par maurice



Il y a quelques jours maurice m’a fait part de son envie d’écrire sa version de cet évenement.

5 mois et demi plus tard : c’est donc le temps qui lui a été nécessaire pour digérer cette naissance .

Je précise que je n’ai pas retouché ce texte, ce que vous allez lire est de la pure litterature mauricéenne dans son essence la plus authentique.

Vous remarquerez une certaine similitude de propos avec mon article pavé dans la mare en ce qui concerne la présence du père au bistrot.

 

Que ce soit bien clair : nous n’avons de près ou de loin aucune ambition bistrotière d’aucune sorte, ni d’actions dans aucun d’entre eux, et nous n'y passons pas notre vie  !!  

 


 Ceci étant posé , tribune libre à maurice :

  
 

 

 

Bonjour à tous et à toutes, je suis Maurice, le tendre compagnon de Caroline Ingalls. Je vais vous faire par du récit de la venue au monde d’Achille, il me semble important que vous ayez une vision de l’autre coté de la mère.

Dimanche soir donc, après avoir passé une journée à l’extérieur de la maison, je retrouve ma caroline (Simone pour les intimes) avec des contractions régulières. Pour elle c’est sur le bébé arrive.

Alors on met la maison en mouvement :

1° mouvement : envoyer la grande fille dormir chez une copine;

2° mouvement:passer un coup de fil à Françoise notre sage femme, pour lui dire que « on croit que ça y est que c’est parti que le bébé arrive »

3° mouvement préparer l’endroit où se déroulera l’accouchement.

 

Je dois avouer que malgré les 9 mois d’attentes et la préparation mentale quand à ce moment, ben on est quand même un peut largué.

Mais bon ça a l’air de tenir, le feu crépite dans la cheminée, les coussins, matelas, alèzes et tout le reste sont prêts.

Isabelle plonge dans un bain histoire de se détendre, et c’est à ce moment en plein milieu aquatique que le poche des eaux décide de se rompre, alors après quelques minutes de :

- t'es sure ?
- oui il me semble
- donc ça y est ?

- oui je pense que la poche est rompue.


J’appelle Françoise qui me précise qu’il n’y a pas encore lieu de s’alarmer et me dit que je la rappelle lorsque nous avons des contractions régulières & dans un intervalle de 3 min.

Alors je rejoint Isa devant la cheminée, les contractions s’intensifient, je la prends dans mes bras à plusieurs reprises histoire de l’aider à les faire passer. Nous arrivons à l’intervalle fixé par Françoise, je l’appelle donc encore une fois, elle me prévient qu’elle se met en route.

Pendant se temps je veille à ce qu’Isa ne manque de rien, à boire, de la chaleur, quelque chose à grignoter, de la musique douce (morcheeba et massive attack), et son homme à coté. On se détend en parlant du nom de notre futur bébé.

Françoise arrive avec tout son matériel, son savoir faire et sa présence rassurante.

J’en profite pour sortir fumer, pendant se temps je sais Isa avec Françoise, donc pas de souci.

Quand je rentre Françoise a pris les rênes de l’accouchement, je me sens rassuré.

22H30 premier cri, Isa est dans un bain, Françoise à coté d’elle. Et là, malgré les centaines d’épisodes d’ »Urgence » que j’ai pu voir, malgré les récits de mes beaux frères sur les accouchements de mes sœurs, malgré la préparation de ce moment,  je me dit qu’Isa souffre, et ce cri emplit toute la maison. Isa sort du bain car le bébé ne semble pas vouloir sortir toute de suite, Françoise nous dira plus tard qu’il est dans la position du siège et que ça a compliqué les choses.

Isa se retrouve donc dans le salon, sur ses matelas au chaud. Le travail continue, toujours ces cris et Françoise qui l’encourage à pousser, mais bébé ne vient pas. J’essaye de garder ma contenance mais c’est trop dur. Les cris s’entendent de partout dans la maison, lorsque je sort fumer une cigarette, quand je suis dans la cuisine, où que j’aille dans la maison : toujours ses cris. Je guette le cri qui annoncera la sortie du bébé, mais sans succès.  Alors je fais des aller retour entre le salon et la cuisine, j’apporte de quoi boire à Isa, de quoi manger aussi, j’essaye de discuter avec elle, mais j’ai plus l’impression d’être un éléphant dans un magasin de porcelaine qu’autre chose.

Je vois bien qu’Isa souffre, malgré tout ce qu’elle peut me dire, malgré les pauses entre chaque contraction, je ressent sa douleur. Et toujours ces cris.

Arrive le moment où je craque, Isa me demande de la rejoindre pour l’aider, mais c’est au dessus de mes forces, je reste figé sur place et lui réponds « non, je ne peux pas ». Certains verront peut être de la lâcheté dans ce geste, pour ma part je dirais juste que j’étais au milieu de quelque chose que je ne comprenais pas, que je ne maîtrisais pas, que je voyais la femme que j’aime le visage tendu par la souffrance, que ses cris me remplissaient la tête, que je n’avais aucun moyen d’échapper à cela. Alors j’ai préféré la laisser avec Françoise plutôt que les encombrer avec ma présence pataude. Je me suis réfugié dans la cuisine, j’avais ouvert une bouteille de Bergerac rouge, je me suis versé un verre et j’ai attendu.

J’ouvre une parenthèse à ce sujet. A l’époque ou l’accouchement ne se déroulait pas automatiquement dans un endroit désinfecté, stérilisé, blanc, et avec plein de gens en blouses qui brassent de l’air, à cette époque la sage femme arrivait sur place, dégageait le père au bistrot et s’occupait de la mère et l’enfant. Le père faisait de rapides passages à la maison histoire de voir si il y avait des nouvelles, le cas échéant il retournait au bistrot.

Donc me voila dans la cuisine, de temps en temps Françoise vient me voir histoire de me donner des nouvelles du front. Mais elle repart bien vite auprès d’Isa qui a besoin d’elle.

Au bout de 3 H de tentatives d’expulsion, je m’isole dans une pièce et me mets à prier, je demande à Dieu de donner un coup de main à Isa afin d’en finir avec cette naissance, je lui demande de nous donner la force d’aller jusqu’au bout.

Après ces quelques minutes je reviens dans le salon, prend Isa dans mes bras et l’aide dans ce qui sera la dernière poussée.

Achille arrive enfin, petite merveille aux yeux fermés. On le pose tout de suite sur le ventre d’Isa.

Pour ma part je sors dans le jardin et tout le stress accumulé ces dernières heures sort enfin, j’ouvre les vannes en grand.

Le reste de l’histoire n’est que du bonheur, Isa vous le raconte tous les jours sur son blog.

 

Voila, c’est le vécu d’un père pour un accouchement à domicile, pas de salle d’attente où s’isoler, pas de copains qui peuvent passer faire un coucou. On joue un rôle important durant ces moments, je pense avoir joué le mien comme il fallait.

 

Merci d’avoir lu ces quelques lignes

 













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C
Bon ben Maurice aura réussi à me faire verser ma larme ! Merci de ce partage
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M
Moi aussi je viens de relire ces lignes et les larmes me sont montés au yeux. Ce fut un moment difficile mais merveilleux, la prochaine fois y'a un copain qui m'attend avec de quoi boire
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T
Le récit d'Isabelle m'avait touché au plus profond. Le tien me tire aussi des larmes. Que d'émotion à la lecture de ce billet. Le problème c'est que je suis sur mon lieu de travail en open space (quel mot horrible) et que les émotions n'ont pas leur place.<br /> Merci à vous deux
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S
Je suis super émue ! Ce récit est magnifique et unique, c'est l'arrivée de votre petit bonhomme. La naissance est d'une violence extrème, tant de sentiments mêlés, tant d'attente, d'inquiétude, de bonheur, de douleur !<br /> Merci Maurice, comme le dit la belle Angèle, les papas prennent rarement le temps de nous parler de ce qu'ils ont ressenti !
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M
Bravo maurice (tu me permets ?) pour ce joli récit ! le temps était comme suspendu, l'émotion palpable... C'est beau un papa qui livre ainsi son ressenti dans un domaine un peu trusté par les femmes quand même, il faut le dire. Encore bravo et merci.
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